La lutte contre le dopage sportif repose sur une classification minutieuse des substances et méthodes interdites, établie chaque année par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Cette liste exhaustive, qui entre en vigueur le 1er janvier de chaque année, constitue le socle de la réglementation antidopage mondiale et guide les contrôles effectués auprès des athlètes de tous niveaux. Comprendre cette classification devient essentiel pour tous les acteurs du sport, qu’il s’agisse des athlètes, des entraîneurs, du personnel médical ou des organisations sportives. La complexité de cette liste, qui compte plusieurs centaines de substances réparties en différentes catégories, reflète l’évolution constante des pratiques dopantes et des avancées scientifiques dans ce domaine.

Classification AMA des substances dopantes selon le code mondial antidopage

Le Code mondial antidopage établit une classification précise des substances interdites selon trois critères fondamentaux : leur capacité à améliorer les performances sportives, leur potentiel de dangerosité pour la santé des athlètes, et leur incompatibilité avec l’esprit sportif. Cette approche méthodologique permet d’identifier et de catégoriser plus de 400 substances actives réparties en neuf catégories principales pour les substances interdites en permanence, trois catégories pour les substances interdites uniquement en compétition, et une catégorie spécifique à certains sports.

La distinction entre substances « spécifiées » et « non spécifiées » constitue un élément crucial de cette classification. Les substances non spécifiées, considérées comme plus susceptibles d’être utilisées intentionnellement pour améliorer les performances, entraînent généralement des sanctions plus sévères. À l’inverse, les substances spécifiées peuvent faire l’objet de sanctions réduites si l’athlète démontre que leur usage n’était pas destiné à améliorer ses performances sportives.

Toute substance pharmacologique non incluse dans une section de la Liste et qui n’est pas actuellement approuvée pour une utilisation thérapeutique chez l’Homme par une autorité gouvernementale réglementaire de la santé est interdite en permanence.

Stéroïdes anabolisants androgènes : testostérone, nandrolone et dérivés synthétiques

Les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) représentent la catégorie la plus emblématique des substances dopantes. Cette famille comprend la testostérone, hormone naturelle masculine, ainsi que ses nombreux dérivés synthétiques comme la nandrolone, le stanozolol ou l’oxandrolone. Ces substances agissent en se liant aux récepteurs androgéniques des cellules musculaires, stimulant la synthèse protéique et favorisant le développement de la masse musculaire.

La détection de ces substances s’avère particulièrement complexe pour les stéroïdes endogènes comme la testostérone, naturellement produite par l’organisme. Les laboratoires utilisent des ratios spécifiques, notamment le rapport testostérone/épitestostérone (T/E), qui ne doit pas dépasser 4:1. Au-delà de ce seuil, des analyses complémentaires par spectrométrie de masse permettent de distinguer la testostérone endogène de celle d’origine exogène.

Agents anabolisants non stéroïdiens : modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes (SARM)

Les modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes, communément appelés SARM, constituent une nouvelle génération d’agents anabolisants. Ces molécules comme l’ostarine (enobosarm), le

ostarine, le ligandrol (LGD-4033), le RAD140 ou encore le YK-11 ciblent sélectivement certains tissus (muscles, os) avec, en théorie, moins d’effets androgéniques indésirables que les stéroïdes classiques.

En pratique, ces produits restent entièrement interdits par l’AMA et classés dans la catégorie S1.2 des agents anabolisants non stéroïdiens. Ils sont souvent commercialisés illégalement comme « compléments » ou « produits de recherche », avec un risque élevé de contamination croisée et de dosage aléatoire. Les analyses en laboratoire reposent sur des méthodes de spectrométrie de masse très sensibles, capables de détecter des traces infimes de métabolites plusieurs semaines après la prise. Même une consommation unique peut donc conduire à un résultat d’analyse anormal, d’où l’importance pour vous de vous méfier des produits achetés sur internet ou hors du circuit pharmaceutique.

Hormones peptidiques : érythropoïétine (EPO), hormone de croissance humaine (hGH)

Les hormones peptidiques constituent une autre catégorie majeure de substances dopantes interdites en permanence. L’érythropoïétine (EPO) et ses dérivés stimulent la production de globules rouges par la moelle osseuse, augmentant ainsi la capacité de transport de l’oxygène vers les muscles. Cette augmentation de la VO2 max procure un avantage considérable dans les sports d’endurance (cyclisme, course de fond, ski de fond), mais au prix d’un épaississement du sang, d’un risque de thrombose et d’accidents cardiovasculaires potentiellement mortels.

L’hormone de croissance humaine (hGH), ses analogues et fragments (comme AOD‑9604 ou hGH 176‑191) interviennent dans le métabolisme des lipides, la croissance musculaire et la récupération tissulaire. Utilisée à des doses supra‑physiologiques, elle peut modifier la composition corporelle, réduire la masse grasse et favoriser le développement musculaire. Toutefois, les effets secondaires sont nombreux : diabète, hypertrophie cardiaque, syndrome du canal carpien, troubles articulaires. La détection de ces hormones repose aujourd’hui sur des tests combinant analyse directe (différenciation entre hGH endogène et exogène) et recherche de profils biologiques anormaux dans le passeport biologique de l’athlète.

Bêta-2 agonistes : salbutamol, formotérol et seuils de concentration urinaire

Les bêta‑2 agonistes sont, à l’origine, des bronchodilatateurs destinés au traitement de l’asthme et de certaines bronchopathies. Dans un contexte de dopage, ils peuvent exercer un effet stimulant et légèrement anabolisant, en améliorant la fonction respiratoire et en favorisant la lipolyse. C’est pourquoi, en dehors de quelques exceptions strictement encadrées, tous les bêta‑2 agonistes (salbutamol, formotérol, salmétérol, terbutaline, vilantérol, etc.) sont interdits en permanence.

Pour tenir compte des besoins thérapeutiques des sportifs asthmatiques, l’AMA a défini des fenêtres d’utilisation autorisée pour certains produits inhalés. Par exemple, le salbutamol inhalé est permis jusqu’à 1600 microgrammes par 24 heures, sans dépasser 600 microgrammes sur une période de 8 heures, tandis que le formotérol ne doit pas excéder 54 microgrammes par 24 heures. Au‑delà de certains seuils urinaires (1000 ng/mL pour le salbutamol, 40 ng/mL pour le formotérol), le résultat est présumé atypique et l’athlète doit démontrer, via une étude pharmacocinétique contrôlée, que la concentration mesurée résulte d’un usage thérapeutique strictement conforme aux recommandations.

Substances psychoactives et stupéfiants dans le contrôle antidopage

Au‑delà des substances purement « ergogéniques », la Liste des interdictions vise aussi de nombreuses substances psychoactives : stimulants, narcotiques, cannabinoïdes, voire certains dépresseurs du système nerveux central. Pourquoi ces produits sont‑ils surveillés alors qu’ils ne font pas toujours gagner des secondes ou des kilos ? Parce qu’ils peuvent modifier la vigilance, la perception de la douleur ou le stress, et qu’ils exposent les sportifs à des risques sanitaires majeurs et à des comportements dangereux, notamment en compétition.

Stimulants du système nerveux central : amphétamines, cocaïne et méthylphénidate

Les stimulants du système nerveux central (SNC) constituent une grande partie de la catégorie S6 de la Liste des interdictions. Ils incluent les amphétamines et dérivés (amfétamine, méthamfétamine, lisdexamfétamine), la cocaïne, mais aussi des molécules comme le méthylphénidate (Ritaline) ou le modafinil. Ces substances augmentent la vigilance, réduisent la sensation de fatigue et peuvent accroître l’agressivité ou la prise de risque, ce qui explique leur attrait dans certains sports d’explosivité ou de contact.

En antidopage, la plupart des stimulants sont interdits uniquement en compétition, car leur effet recherché est immédiat. La détection repose sur la recherche directe de la molécule et de ses métabolites dans les urines, parfois complétée par une analyse sanguine. Certaines molécules, comme la cocaïne ou la MDMA (ecstasy), sont aussi classées comme substances d’abus par l’AMA, ce qui permet, dans certains cas, un régime de sanction particulier lorsque l’usage est avéré hors contexte de performance. Néanmoins, du point de vue du résultat de contrôle, la présence d’un stimulant interdit en compétition conduit à un résultat d’analyse anormal, quel que soit le contexte d’usage.

Cannabinoïdes et métabolites du THC : critères de détection et seuils analytiques

Les cannabinoïdes, et en particulier le tétrahydrocannabinol (THC), sont interdits en compétition. La consommation de cannabis, de haschisch ou de produits dérivés (huiles, résines, edibles) peut se traduire par la présence de THC ou de ses métabolites (notamment le carboxy‑THC) dans les urines plusieurs jours, voire semaines, après l’usage selon la fréquence de consommation. Les laboratoires accrédités par l’AMA appliquent un seuil analytique, au‑delà duquel le résultat est considéré comme positif.

Le cannabidiol (CBD), en tant que tel, n’est pas classé comme substance interdite. Cependant, la plupart des produits à base de CBD contiennent des traces de THC, parfois en quantité suffisante pour dépasser les seuils de détection. Vous pensez consommer un produit « légal » ? En pratique, sans certificat d’analyse fiable et indépendamment contrôlé, le risque de dopage accidentel reste réel. C’est pourquoi les autorités antidopage et les agences nationales de santé déconseillent fermement l’usage de produits au chanvre par les sportifs soumis aux contrôles.

Narcotiques opioïdes : morphine, codéine et tramadol en compétition

Les narcotiques opioïdes, tels que la morphine, l’oxycodone ou le fentanyl, sont de puissants antalgiques capables de masquer la douleur et de permettre à un athlète de poursuivre l’effort au‑delà de ses limites physiologiques. Ils sont interdits en compétition dans la catégorie S7, principalement pour des raisons de sécurité (risque de dépendance, dépression respiratoire, altération de la vigilance) et pour préserver l’intégrité du sportif. La détection s’effectue par chromatographie et spectrométrie de masse, avec des seuils analytiques permettant de distinguer les usages thérapeutiques strictement encadrés des abus.

Le tramadol illustre bien l’évolution récente de la réglementation antidopage. Longtemps surveillé, il est désormais interdit en compétition par certaines fédérations internationales (par exemple l’UCI en cyclisme), et inscrit à la Liste des interdictions de l’AMA. Son potentiel de dépendance, ses effets sur la vigilance et le risque d’accidents justifient cette interdiction renforcée. Les athlètes qui nécessitent des opioïdes dans un contexte médical doivent envisager avec leur médecin des alternatives compatibles avec les règles antidopage ou, si nécessaire, déposer une demande d’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT).

Dépresseurs du système nerveux : benzodiazépines et barbituriques

Les benzodiazépines (diazépam, alprazolam, lorazépam, etc.) et les barbituriques sont des dépresseurs du SNC utilisés en médecine pour traiter l’anxiété, l’insomnie, ou certains troubles convulsifs. Bien qu’ils ne figurent pas tous explicitement dans la Liste des interdictions comme les stimulants ou les opioïdes, leur usage inapproprié peut poser problème au regard de la sécurité en compétition (altération de la coordination, diminution des réflexes) et, dans certains cas, être assimilé à un mésusage de substances si les doses ou les associations médicamenteuses sont jugées incompatibles avec la pratique sportive.

Dans le cadre d’un traitement anxiolytique ou hypnotique, il est donc essentiel de consulter un médecin informé des règles antidopage. Une prescription mal gérée peut non seulement nuire à vos performances, mais aussi vous exposer à des interactions dangereuses avec d’autres substances (alcool, opioïdes, etc.). En cas de traitement de fond, une AUT peut être envisagée, surtout si la discipline pratiquée présente un risque important pour la sécurité (sports mécaniques, sports aériens, plongée).

Agents masquants et méthodes de dissimulation des substances interdites

Les contrôles antidopage ne cherchent pas uniquement les substances dopantes elles‑mêmes, mais aussi les produits et techniques destinés à cacher leur présence. Ces agents masquants modifient la composition des urines ou du sang, diluent les concentrations, ou interfèrent avec les analyses en laboratoire. L’AMA les regroupe principalement dans la catégorie S5, et leur usage est interdit en permanence, qu’il y ait ou non détection simultanée d’une autre substance dopante.

Diurétiques et agents masquants : furosémide, hydrochlorothiazide et spironolactone

Les diurétiques comme le furosémide, l’hydrochlorothiazide ou la spironolactone augmentent l’élimination urinaire d’eau et d’électrolytes. En dopage, ils sont utilisés pour deux raisons principales : masquer la présence d’autres substances en diluant les urines, ou permettre une perte de poids rapide (sports à catégories de poids). Quelle que soit l’intention, tous les diurétiques (sauf quelques exceptions très spécifiques, comme certaines utilisations ophtalmiques) sont interdits en permanence.

Les laboratoires recherchent systématiquement la présence de ces molécules dans les échantillons urinaires. Par analogie, on peut les comparer à une tentative de « brouiller les pistes » lors d’une enquête : même si l’on ne trouve pas immédiatement la substance principale, la présence d’un masquant suffit à suspecter une stratégie de dissimulation. De plus, l’association d’un diurétique avec certains stimulants à seuil (éphédrine, pseudoéphédrine, cathine, formotérol, salbutamol) renforce la suspicion et entraîne automatiquement un résultat d’analyse anormal, en l’absence d’AUT spécifique pour chaque substance concernée.

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion : captopril et énalapril comme masquants

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) tels que le captopril ou l’énalapril sont des antihypertenseurs largement prescrits en pratique médicale. Ils ne figurent pas, en tant que tels, sur la Liste des substances interdites de l’AMA, et ne sont donc pas considérés comme agents masquants au sens strict de la catégorie S5. Cependant, ils sont parfois évoqués dans la littérature comme pouvant modifier certains paramètres biologiques, y compris la filtration rénale, ce qui a alimenté le débat sur un éventuel effet « masquant ».

À ce jour, leur usage thérapeutique, dans le cadre d’un traitement de l’hypertension artérielle par exemple, reste autorisé, sans AUT dans la plupart des cas. Néanmoins, si vous êtes un athlète de haut niveau suivi par le passeport biologique, des variations brutales de vos paramètres sanguins sous traitement devront être interprétées avec prudence. L’essentiel est de déclarer systématiquement tout traitement prescrit lors des contrôles et sur le formulaire de contrôle du dopage, afin de permettre une interprétation fiable des résultats.

Expanseurs plasmatiques et succédanés de plasma : dextrane et albumine

Les expanseurs plasmatiques, tels que le dextran, l’hydroxyéthylamidon ou l’albumine administrés par voie intraveineuse, sont également classés comme agents masquants. En augmentant le volume plasmatique, ils peuvent diluer la concentration de substances interdites dans le sang ou modifier certains marqueurs biologiques. Leur utilisation est strictement encadrée en milieu hospitalier, par exemple en cas de choc hémorragique, mais totalement prohibée dans un but de dopage.

La Liste des interdictions précise que les perfusions intraveineuses de plus de 100 mL sur une période de 12 heures sont, de manière générale, interdites en dehors d’un contexte d’hospitalisation, d’intervention chirurgicale ou d’examen diagnostique. Cette règle vise précisément à limiter l’usage détourné des solutions de remplissage vasculaire comme outils de masquage ou de réhydratation accélérée après une pratique dopante.

Méthodes interdites de manipulation biologique et sanguine

Outre les substances, le Code mondial antidopage répertorie plusieurs méthodes interdites, regroupées dans les catégories M1 à M3. Celles‑ci ne se traduisent pas forcément par la présence d’un produit détectable dans les urines ou le sang, mais par des procédés visant à modifier artificiellement le fonctionnement physiologique de l’organisme ou à falsifier les contrôles.

La catégorie M1 concerne la manipulation de sang ou de composants sanguins. Sont ainsi interdites l’administration ou la réintroduction de sang autologue (provenant de l’athlète lui‑même), allogénique (provenant d’un donneur) ou hétérologue, ainsi que l’utilisation de substituts sanguins à base d’hémoglobine ou de produits perfluorés transporteurs d’oxygène. Depuis la mise à jour 2026, le simple prélèvement de sang ou de composants sanguins, en dehors des analyses médicales, des contrôles antidopage ou des dons dans un centre agréé, est également interdit, ce qui impacte certaines pratiques comme la phlébotomie thérapeutique non couverte par une AUT.

La catégorie M2 vise la manipulation chimique et physique des échantillons, incluant toute tentative de substitution, dilution, ajout de substances (comme des enzymes protéolytiques ou des agents oxydants) pour fausser les résultats. Enfin, la catégorie M3 couvre le dopage génétique et cellulaire : utilisation d’acides nucléiques ou d’analogues pour modifier l’expression génétique, transfert de gènes, apport de cellules normales ou génétiquement modifiées, et même, depuis peu, utilisation de composants cellulaires comme les mitochondries. Ces techniques, encore en développement, représentent un véritable défi pour les autorités antidopage, qui renforcent en permanence leurs outils de détection et de surveillance.

Substances spécifiques aux sports et exemptions d’usage thérapeutique

Si la Liste des interdictions AMA s’applique de manière uniforme à la plupart des disciplines, certaines substances ne sont interdites que dans des sports précis. C’est le cas, par exemple, des bêta‑bloquants (catégorie P1), interdits en compétition – et parfois hors compétition – dans des disciplines où le contrôle du rythme cardiaque et la stabilité gestuelle jouent un rôle majeur : tir à l’arc, tir sportif, sports subaquatiques, golf, billard, etc. Dans ces sports de précision, la réduction de la fréquence cardiaque et du tremblement confère un avantage significatif.

À l’inverse, certaines règles complémentaires sont édictées par les fédérations internationales. On peut citer les politiques d’utilisation des aiguilles (Needle Policy) imposées par le Comité international olympique (CIO) ou certaines fédérations, qui restreignent fortement le recours aux injections autour des compétitions. Avant une grande échéance, il est donc crucial de vérifier non seulement la Liste des interdictions, mais aussi la réglementation propre à votre fédération internationale.

Les exemptions d’usage thérapeutique (AUT) constituent un volet essentiel du système antidopage. Elles permettent à un athlète de recevoir un traitement médical indispensable avec une substance normalement interdite (par exemple de l’insuline pour un diabétique de type 1, ou un corticoïde injectable pour une pathologie aiguë) tout en restant autorisé à concourir. Obtenir une AUT suppose de respecter des critères stricts : absence d’alternative thérapeutique autorisée, nécessité médicale clairement documentée, absence de bénéfice de performance supérieur au retour à un état de santé normal. Ne pas anticiper une AUT, ou la demander a posteriori, expose à des sanctions même en l’absence d’intention dopante.

Évolution réglementaire et mise à jour annuelle de la liste des interdictions WADA

La Liste des interdictions n’est pas figée : elle est révisée chaque année par le groupe d’experts de l’AMA, puis publiée pour une entrée en vigueur au 1er janvier. Cette mise à jour permanente reflète l’émergence de nouvelles molécules (SARMs, peptides expérimentaux, modulateurs métaboliques), l’évolution des connaissances scientifiques et l’apparition de nouvelles pratiques de dopage. Une substance ou une méthode peut être ajoutée si elle répond à au moins deux des trois critères suivants : potentiel d’amélioration de la performance, risque avéré ou potentiel pour la santé, contradiction avec l’esprit du sport.

Les dernières éditions de la Liste ont ainsi introduit ou précisé plusieurs points clés : modification des intervalles de dosage pour le salmétérol inhalé, clarification du statut de la guanfacine (non interdite), interdiction de l’usage non diagnostique du monoxyde de carbone, encadrement plus strict des prélèvements sanguins. De nouveaux exemples de substances interdites viennent régulièrement compléter les catégories existantes sans modifier le principe général, mais en améliorant la compréhension des athlètes et des encadrants.

Dans ce contexte en constante évolution, comment rester à jour ? Les autorités nationales (AFLD en France, Swiss Sport Integrity en Suisse, etc.) mettent à disposition des moteurs de recherche permettant de vérifier le statut d’un médicament par son nom de spécialité. Des bases comme DRO Global ou les outils en ligne de l’AMA facilitent aussi la consultation de la Liste. En pratique, la meilleure stratégie consiste à adopter un réflexe simple : avant toute nouvelle prescription, tout nouveau complément ou toute nouvelle méthode, vérifier systématiquement son statut au regard de la réglementation antidopage et, en cas de doute, solliciter l’avis d’un médecin du sport ou d’une cellule antidopage compétente.